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merci pour vos encouragements , la 2ème partie du texte de nguyễn phúc liên thành sera mise en ligne aujourd
Par toidibo, le 19.11.2018
bien sûr, très volontiers. http://toidibo .centerblog.ne t
Par toidibo, le 16.04.2018
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Date de création : 15.01.2018
Dernière mise à jour :
18.04.2024
279 articles
Chiêm ngắm Ðoá Hoa Vô Thường, Hà Vũ Trọng, 2001
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Texte ardu d'érudit, qui demande des connaissances pointues en musique tout comme en bouddhisme. Certains mots bouddhiques m'ont particulièrement donné du fil à retordre, je ne suis pas sûr de toutes mes traductions, j'ai donc souvent laissé des termes vietnamiens entre parenthèses, me promettant d'y revenir dans quelques temps.
Contempler la fleur impermanente,
2ème partie
par Hà Vũ Trọng
Le désir de Trinh Công Son de rechercher la paix dans le bouddhisme zen, n’était pas vraiment de trouver la libération ou d’atteindre le royaume du calme et de la sérénité totales (cõi hoàn toàn an nhiên tự tại), mais était pour partie proche de l'idéal du Bodhisattva (comme chez le poète Cao Bá Quát) « porteur de la maladie de Duy-ma » à cause des êtres sensibles.
(Duy-ma : œuvre importante du bouddhisme Mahayana, qui influence grandement le bouddhisme en Chine, au Vietnam et au Japon, Duy-ma est le nom d’un laïc que la maladie avait contraint de rester à demeure, NDT).
Cet idéal ne vise pas à atteindre le Nirvana, bien que l'amour ici porte l’altruisme :
- « Je voudrais être une auberge pour attendre, et si tu es triste passe me visiter. Je voudrais être un galet et rouler sous ton soulier, je me fais tout petit pour que la pluie se fonde dans le ciel ».
Cette chanson (Biết đâu nguồn cội, À savoir où est la source), est pleine d'images qui portent le Yin, la Féminité, la Maternité et la Nature de toute chose que l'on trouve souvent dans le bouddhisme zen : l'eau, la lune, un bateau (transportant l’univers et l’homme) flottant, protecteur, souple.
Restons sur cette chanson afin de parler en même temps de l’interaction avec « ở trọ » (le logement), et aux dettes mutuelles entre la vie et l’univers (la lune de tout temps a des arriérés dont le fleuve ne se souvient plus) plutôt que de nous référer à l’esprit de la vérité éternelle (Chân Như) ou à la vacuité (Tánh Không).
(Chân Như, la vérité éternelle, Tathatā en sanscrit, est généralement traduit par « ainséité », ce terme exprime la vraie nature de la réalité à un moment donné ; Tánh Không, la vacuité, Śūnyatā en sanskrit, désigne dans le bouddhisme la vacuité des êtres et des choses, leur absence d'être en soi et de nature propre, autrement dit l'inexistence de toute essence, de tout caractère fixe et inchangeant, NDT).
« Voici l’ombre de la lune au cœur du fleuve, celui qui souvent n’a rien, n’avoir rien c’est quelque chose. Ai hay không có có không là gì » (Maître Zen Dao Hanh).
Dans Trinh Công Son, la beauté tragique imprime son empreinte en marchant vers le néant et en portant la tunique de la vérité éternelle, mais toujours scintillent des larmes d’éternité. (Giọt lệ thiên thu). Parfois, on contemple la beauté avec des sentiments vaguement mélancoliques devant l’immensité, mais la libération est merveilleuse au royaume de l’autre rive (cõi bỉ ngạn) :
Du côté de la rivière l'eau bat les berges
Ma belle, n'es-tu jamais morose ?
Paroles dans une ville retrouvée (Lời ở phố về)
La beauté de la fleur impermanente
(…)
Si vous regardez attentivement, vous verrez que l'homme est un pentagramme. Un méditant japonais en a fait l’expérience. « Symphonie poétique », la fleur (beauté) impermanente (Ðoá hoa vô thường) est une parabole/métaphore par le biais poétique de la musique afin de raconter les pérégrinations en quête de sens pour l'amour, l'art et la mort. Semblable à la légende de la quête d’une fleur bleue (Ðoá hoa Xanh biểu) représentant l'art du poète romantique allemand Novalis - Une pratique de l'alchimie dans l'amour et l'art. Ou plus proche du bouddhisme zen, interprétée en 10 tableaux animaliers de buffles, c’est l'image d'un berger ou d'un moine mendiant/voyageur perdu parmi les landes et les prairies, commençant à chercher son propre esprit (Chân Như) égaré sur les autoroutes de l'amour au royaume des renaissances chimériques (cõi sinh tử),
(Cõi sinh tử, saṃsāra en sanscrit. Le saṃsāra signifie « transition » mais aussi « transmigration », « courant des renaissances successives », dans le bouddhisme il s'agit du cycle des existences conditionnées successives, soumises à la souffrance, à l'attachement et à l'ignorance. Ces états sont conditionnés par le karma).
Les quatre mouvements de Ðoá Hoa Vô Thường correspondent aux quatre saisons ou aux quatre états mentaux d'une vie humaine, tels que l'éternelle récurrence (qui hồi vĩnh cửu) dans Một cõi đi về (un espace-lieu où partir et revenir). La façon dont procède la scène sonore (âm hình) de la mélodie de của Ðoá Hoa Vô Thường est une transformation continue de la voix, de la modulation, du rythme, de la nuance... dans chaque paragraphe, phrase ou phrase musicale. L’idée poétique reposant sur un motif principal récurent, c’est la fleur tout au long de l’œuvre. Cette transformation nuancée et continue rappelle la notion de poème symphonique (giao hưởng thơ), d’un compositeur allemand comme Frantz Liszt à l’époque romantique, qui offre une liberté à la musique, à savoir le pouvoir et la capacité d'utiliser l’orchestre comme une table de mixage des couleurs, et à partir de là dessiner ainsi un tableau rubato (flexible) au moyen de l’image-son.
Chapitre I
(Chercher l'amour, rythme désinvolte)
Tout d’abord pour commencer, le chant narratif, cette comptine qui compte quatre mots par ver, Tìm em tôi tìm « Te cherchant je cherche… » comme le rythme d’un pas précipité marchant pour chercher l'Amour dans les traits de la Beauté, mais l’image éthérée s’incarne en moi en un corps mince et gracieux (mình hạc xương mai). Le premier pas consiste à « chercher dans la solitude, chercher par monts et forêts, Une branche fleurie reine de beauté, Un sourire fragile, Une âme vulnérable, Une lèvre parfumée » qui porte le cœur pur d’une âme candide. Ce qui nous incite à penser à la spiritualité du magnifique poème d’amour « Parce que mon amour doit chercher l'amour » du Nhã Ca, Cantique des cantiques (in la Bible) ou dans le Cantique spirituel de Saint-Jean de la Croix visant à atteindre le lieu de l'union mystique (unio mystica).
(Les tourments)
Le contours de « l’élévation » dans cette mélodie : « Te cherchant je cherche à dire à mon cœur », c’est la détermination de trouver dans toutes les imminences virtuelles des choses (Māyā) de l’univers changeant… Le temps : chercher une nuit comme on n'en vit jamais, chercher le jour parfait. Au ciel : chercher l'oiseau dans l'envolée, Serrant en son bec une goutte de rosée. Sur le terrain : chercher sur le fleuve, L'empreinte d'une pantoufle. Du poème de quatre mots par ver : Te cherchant je cherche (Tìm em tôi tìm), il en reste trois : l’empreinte d’une pantoufle (những dấu hài)... une voix qui se souvient et qui s’apitoie en évoquant un souvenir. Ici, « l'amour rencontre l’amour », chercher et ne voir à chaque pas imprimé dans la mousse qu’une beauté précaire...
(Māyā en sanskrit, est le pouvoir de dieu de créer, perpétuant l'illusion de la dualité dans l'univers phénoménal ; elle est aussi la nature illusoire du monde)
(Contemplation).
(Tranquillement)
« Te chercher partout dans l’univers en grand tumulte »... Le cœur de celui qui cherche s'est maintenant posé pour contempler et embrasser l’univers, en tous lieux, tout à la fois dans l'amour éphémère, le destin, les ruines et la fin de cette scène virtuelle : « Chercher dans la rosée irisée, Dans la précaire soirée, La lune finissante (en fin de cycle lunaire), Ne désespère pas, Ne désespère pas ».
(Occupé)
De la comptine à sa transformation maintenant en litanie (en sanscrit gāthā, qui désigne dans le bouddhisme une poésie en vers, un hymne), en psalmodie chantée :
Cherchais dans l'éphémère
Quelques vers d'une prière,
Tonnerre volant et se répercutant.
Soudain je t’ai aperçue
Au pied de la source…
C’est le moment où le ciel et la terre se rencontrent quand la prière entre dans la vie (Nguyệt ca) – ces deux Kinh Sấm (Vajracchedika) volent et tonnent, et c’est le lustre du diamant qui fractionnent les ténèbres.
(Vajracchedika, ou Sūtra du diamant est l'un des grands textes du bouddhisme mahāyāna, le titre complet sanskrit de l’œuvre est Vajracchedikā Prajñāpāramitā Sūtra. Chedikā veut dire « ce qui coupe », vajra signifie à la fois « diamant » et « foudre », une force inouïe, irrésistible, capable de faire voler en éclats, de démolir, de pulvériser tout ce qui est sur son chemin, de même qu'en pratique, le diamant est capable de couper le verre ou la roche la plus dure mais aussi de briller comme l'eau pure ou l'éclair ; prajñāpāramitā signifie « perfection de la sagesse » ou « connaissance transcendante »… NDT)
Et même c’est le moment où Soudain je t’ai vue au pied de la source - La source de la vérité éternelle (Chân Như), la nature insubstantielle de toute chose (bản lai diện mục) - L'amoureux ou l'esprit se manifestera pour « voir » lorsqu'il cessera de chercher dans la forme, le son... Maintenant, je t’invite à revenir dans la nuit sacrée et à rendre grâce à la pluie qui lave et qui irrigue. Tu existes maintenant et de tous côtés montent l’odeur capiteuse du santal. (Bruit de corde... comme une pluie fine qui goutte). « Lorsque dans le jardin la pluie s’arrête,La musique est joviale, La lune dorée ouvre la fête. » Une « belle de lune » một đoá hoa quỳnh, perle de jade d’un beau blanc encage la silhouette de la pleine lune. C’est aussi à partir du cœur de la fleur, que cet esprit se déploie (seulement par une nuit lumineuse), que toutes choses peuvent se réfléchir et s’exposer comme dans un miroir transparent. Le berceau universel de cet amour miraculeux, ce sont les doigts qui se tendent et étreignent le tout pour ne faire qu’Un.
Ici le poème s'arrête. (Son de corde ... maintenant le clair de lune scintille en silence) pour contempler la beauté de jade de la « belle de lune ». Alors que la vision de la grâce (vision extatique) du poète Dante, aveuglante sous la lumière spirituelle émanant de l'amour, se transforme en une rose blanche.
Chapitre II
En accompagnement de l'amour, rythme joyeux (Musique ...)
Parfois (musique ...)
La paix
Grâce aux retrouvailles, il y a eu de l'amour en retour. Le poème s'est transformé en musique lyrique pour exprimer la paix quand les deux protagonistes sont ensemble, comme la silhouette et l’ombre. Avec un rythme poétique soutenu, joyeux et chaleureux :
- « Maintenant, j’ai quelqu'un, Tu te tiens à côté de ma vie, babillant, Maintenant, j’ai un amour, C'est toi, ma chérie à l'exquise politesse, Grâce à toi, je me sens conforté, Je me retrouve dans ton maintien, assise devant la cour ».
Chant libre
La voix change soudain et se relâche pour devenir une chanson nostalgique (mélancolique) pleine de regret, ample, froide, comme une prémonition du caractère précaire de la fleur (beauté) qui commence à s'incarner (mới chớm đã viên thành) comme dans le sourire aguichant de Kim-Kiều. « L’hiver pour toi est tristesse, En soirée, tu sors chanter des sutras près du fleuve, À la fin de l’hiver, la marée montera, Un peu d’amour naissant commencera à s'incarner ».
Et l’hiver déclinant l’eau s’élèvera pour attendre la venue du printemps
Rythmique insouciante
Avec la répétition des mots Từ nay (dorénavant)... la voix est maintenant haute et les accents plus gais. Tout le chapitre II décrit des répliques en contrepoint (đối đáp nói–thưa), élevant-renforçant (đắp-bồi) la préséance entre les protagonistes qui commence avec tôi-người (moi, et toi tant que personne), tôi-tình (moi, et toi en tant qu’amoureuse) vers tôi-em (moi et toi, tutoiement) ; jusqu'à ce que dans ce paragraphe ce soit anh-nàng (moi et vous, demoiselle)...
(...)
Dans ce passage, c’est la mélodie des oiseaux qui chantent tantôt graves, tantôt aigus, ainsi que le chœur du ciel et de la terre (de l’univers) et des fleuves et des montagnes (du pays) envers qui on a toujours une dette de reconnaissance (…) Dorénavant je (anh) l’avais (la demoiselle, nàng)…
- Maintenant, j’ai une damoiselle, Grâce en soit rendue à ce pays que je remercie de ses bienfaits par ce chant, Au printemps sur le toit de ma maison, Il y aura un oiseau pour y chanter, son nom est « amour ».
Chapitre III
Les quatre saisons de l’amour dans l'impermanence de l’univers.
(La musique change... ralentit...)
La paix
Le morceau arioso (en prélude, vịnh tự khúc) : « Le lotus rose est en bouton) La modification de la « Belle de nuit » blanche dans le chapitre I en une autre incarnation, celle du lotus en bouton qui balance : un peu comme ce qui sépare « L’innocence » de « L’Expérience » - avec une voix qui se rappelle sans cesse l’époque sereine d’un printemps paisible, qui change la couleur « mure » de l’amour qu’on éprouve « depuis le point du jour jusqu’à la nuit câline. Elle fut rose un temps en son vert printemps... » Maintenant il reste encore une tristesse nostalgique jusqu’au grand amour. (Le rose souhaitera évidemment devenir une rose avec des boutons. « L’or se fanera et disparaîtra en tourbillonnant dans le lointain » – in Vàng phai trước ngõ, L’or se fane devant la ruelle).
(La musique change...)
Doucement
À partir de là, la transition descend dans les basses comme une suite à la nostalgie du chapitre II, mais devient un monologue de six mots par ver. (Một chiều em đứng cuối sông, gió mùa thu rất ân cần, chở lời kinh đến núi non, những lời tình em trối trăng...) « Un après-midi tu te tenais à l'embouchure du fleuve, Le vent d’automne plein de prévenance, A porté tes sutras jusqu'aux montagnes, Paroles d'amour comme des volontés dernières... » L'amour avait traversé à la fois le bonheur et la souffrance, et la condition vagabonde de la fleur allant à la dérive (hoa trôi bèo dạt,en parlant de la vie d’une femme), flottant de la tête de la rivière jusqu’à la mer (cuối sông fin de la rivière) la douleur morale « semblable à la confusion de l’eau et de la lise de la rivière ». Les ailes du vent d’automne portent les mots des sutras sur la condition humaine adressés à la patrie. Un temps, l’amour est mort.
Maintenant, les talons roses (les talons de lotus, les pieds roses de Thuý Kiều, la Beauté) attendent avec impatience de revenir.
Les passages sur la nostalgie ci-dessus se sont combinés pour devenir la méditation nostalgique d’un mourant qui dicte ses dernières volontés : Bien que ce bas monde soit poignant, Il faut se résigner à revenir…
(Les vagues de l’océan ont apporté l'amour aux vieux pays – pays du père)
(Musique...)
Chapitre IV
(La musique change ...) Ample, répétée, immense. L'amour va, les gens restent - (dernier paragraphe)
Calme, Le désert
Morceau 1 :
« Dorénavant dans le jardin la nuit, Ô, la tunique d'autrefois, c'est, Un peu de nuage éphémère, Qui, un bref instant, aura traversé ma vie ».
Cette élégie (khúc bi ca) trouble, au moyen d’un poème de cinq mots par ver, c’est le soupir immense quand l'amour est parti, et que la personne reste. On peut le décrire à nouveau dans le verset Lửa Thiêng (la flamme sacrée) :
Les ténèbres que la nuit exhalent ne remplissent pas le souvenir de l'amour,
L'amour va vite, la mélancolie reste longtemps.
J'ai laissé mon âme se dissoudre en un long soupir
En appelant les personnes en deuil à s’effacer.
(« Poésie » - Huy Can)
De la scène de jardin la nuit avec les retrouvailles, où il y a un clair de lune doré, révélée au chapitre I, à la scène solitaire de jardin tard dans la nuit de ce dernier chapitre, l’empathie fugace de l’amour, de la beauté fragile c’est l’image de la mort elle-même. « Dorénavant dans mon âme, Ô, le son lugubre d'une cloche... » Le désespoir immense, le battement de cœur qui s’affole en moi résonne comme le son d'une cloche invoquant les mânes des morts. Le son d’Un hennissement résonne dans la forêt lointaine, Et se répercute dans tout l'univers, porte la métaphore audio-visuelle (âm-hình), et annonce le moment du départ pour le dernier voyage d’une vie humaine. « Dorénavant je m'assois, hébété, Afin de voir sur la route lointaine, Un véhicule qui semble, Atteindre le lieu de la séparation. »
(L'amour est dû à l'esprit où il naît, parfois l’amour est perdu, mais l'esprit insiste. Lorsque l'esprit est de nouveau en paix, cet autre amour cède le pas).(Musique) Forte, enchaînée, et plus apaisée
Chanson 2:
« Dorénavant je suis alité, Ô, montagnes et défilés, Un peu d'éphémère me suit… »
Ce dernier morceau de la chanson d’amour est comme le tableau en lavis du royaume de l’immensité de l’esprit infini. Dorénavant... du lieu infini et éternel pour contempler la totalité de l’itinéraire par lequel est passé l'artiste - le pèlerin - qui souffre maintenant abondamment de compassion devant la nature de la beauté, des êtres et des choses ; il n'y a plus aucune différence entre l'espace (ôi núi cũng như đèo, ô montagnes et défilés), le temps (Chaque minute est grande et chaque heure est profonde) pour ensuite s’incarner dans un état de tranquillité absolue trạng thái tịnh mặc (Samādhi) immédiat dans la douleur (dans ce sens-là), qui est la traversée empirique de la mort.
(Samādhi, en sanskrit devanāgarī, est un terme utilisé dans la philosophie indienne et bouddhiste, qui signifie « union, totalité, accomplissement, achèvement, mise en ordre, concentration totale de l’esprit, contemplation, absorption, extase, enstase ». Dans le bouddhisme, ce terme a deux acceptions : concentration et établissement dans l'éveil.)
Entrer dans la mort comme une mélodie qui a retenti, ce sera sombrer également dans le silence de la mort : le lieu où l’on va et d’où l’on revient (cõi đi về) est l'essentiel de la musique, de la vie humaine même.
Dorénavant, l'amour est une rose épanouie, rose en matinée elle est fleur jusqu’au coucher du soleil, toujours désirée, qui, grâce au vent impermanent qui souffle, doit mourir, afin de continuer à se transformer en une pure rosée qui, fraîche, tombe à l'aube.
Au jardin en pleine nuit une fleur vient d'éclore,
Dans ma vie quelqu’un vient de passer !
(In Ðêm thấy ta là thác đổ, une nuit je me suis vu cataracte)
Dorénavant je suis la nuit, Où éclot une fleur éphémère.
Dorénavant, les pèlerins peuvent s’incarner dans des ténèbres sans fin (c’est la vérité éternelle, cõi chân không) pour faire fleurir une fleur impermanente đóa hoa vô thường : ils contemplent (la fleur), ce qu’elle est devenue (la fleur), et par là se contemplent eux-mêmes. La beauté des fleurs impermanentes c’est l’explosion (l’éclosion) d’un fou rire derrière le miroir du sexe qui porte la fragrance et l’apparence d’amour (sắc hoa tình) de la mort.
Dorénavant, la fleur est l'expression la plus évidente de l'impermanence : elle paraît, elle parade (frime) et disparaît :
La saison des pluies arrive, la fleur d'un beau blanc,
Déjà éclose badine un bref instant,
Ensuite, une fois près des hommes,
Elle ferme son cœur. De qui se souviennent les millénaires ?
Chuyện đoá quỳnh hương (Histoire de Quỳnh Hương)
Dorénavant, la fleur a fermé ses pétales délicats avant que la lunaison soit achevée (trăng tàn dernier croissant, nguyệt tận fin du mois lunaire).
Dorénavant - enseveli sous la brume d'automne, il y a une beauté odorante.
Chìm dưới cơn mưa (Enseveli sous la pluie)
Mais dorénavant, pour se cristalliser il y faut cette beauté fragile, odoriférante qui donne la vie, et cette gestation exceptionnellement se conte depuis des siècles dans notre monde humain ...
(Musique pour conclure...)
Conclusion
Dans les cieux un vent rebelle est passé,
Il demeure une fleur (beauté) impermanente
Qui flâne parmi un temps atemporel.
(Hà Vũ Trọng
Toronto, Mùa hoa vàng, 2.5.2001 in trong Hợp Lưu, số 59 (tháng 6-7/2001), tr. 16-28.
On peut se reporter à ma traduction de Đoá hoa vô thường ou à celle de Léon Remacle
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