john c schafer khanh ly trinh cong son john c schafer jean claude renoux toidi artiste collection pensées centerblog vie moi sur roman amour enfants article amis travail mort histoire google nuit air texte message amitié centre peinture search jardin littérature hiver sommaire soi
Rubriques
>> Toutes les rubriques <<
· 00a Accueil (4)
· 00b Documents, traductions, essais... (39)
· 02 (Những) Tình khúc Trịnh Công Sơn (13)
· 14a Một cõi đi về (avant 75) (12)
· 15 quelques chansons post 75 (17)
· 01 Ca khúc Trịnh Công Sơn (1967) (13)
· 09 - Khói trời mênh mông (13)
· 03 Ca Khúc Da Vàng 1 (12)
· 07 Như cánh vạc bay (1972) (15)
· 12 - Lời đất đá cũ (1973) (11)
merci pour vos encouragements , la 2ème partie du texte de nguyễn phúc liên thành sera mise en ligne aujourd
Par toidibo, le 19.11.2018
bien sûr, très volontiers. http://toidibo .centerblog.ne t
Par toidibo, le 16.04.2018
merci bien jean-claude pour avoir créé ce blog précieux pour les passionnés de trịnh công sơn. je suis très im
Par Anonyme, le 16.04.2018
· Khành Ly, souvenirs d'une vie
· La réponse de Thanh Niên à Trinh Cung
· Trinh Cung, la tragédie Trinh Cong Son
· Accueil (Choisissez votre album ou votre fichier)
· 00b Documents (traductions, nouvelles, essais)
· 01 - Ca khúc Trịnh Công Sơn (1967)
· Con mắt còn lại (1992)
· 14b - Một Cõi Đi Về (après75)
· 11 - Phụ khúc da vàng (1972) (Additif au chant des jaunes)
· 02 - (Những) Tình khúc Trịnh Công Sơn (1967)
· 09 Khói trời mênh mông
· Phúc âm buồn (1965)
· 03 - Ca khúc da vàng 1 (1967) (Le chant des jaunes)
· 07 - Như cánh vạc bay (1972) (Comme un vol de hérons)
· Em còn nhớ hay em đã quên (1980)
Date de création : 15.01.2018
Dernière mise à jour :
18.04.2024
279 articles
Peinture Đinh Cường
Pour revenir au sommaire de Le phénomène Trịnh Công Sơn, cliquer ici
Ma page facebook :
https://www.facebook.com/toidiborenoux/
Le phénomène Trịnh Công Sơn, par John C. Schafer, traduit de l'anglais par Jean-Claude RENOUX
(4ème partie)
The trinh Công Son phenomenon texte en anglais
Trịnh Công Sơn et la guerre
Les chansons du premier recueil publié par Sơn, "Chansons de Trịnh Công Sơn", sorti en 1965, étaient des chansons d'amour, mais nous voyons la guerre envahir certains d'entre elles. Tình sầu (Amour triste), la dernière chanson de cette collection, s'ouvre sur la phrase "L'amour est comme une grenade, un cœur aveugle". Dans le recueil suivant, "Les chants des Jaunes" (1966/67), la guerre devient non seulement une source de métaphores pour parler de l'amour mais le sujet majeur. Ce sont ces chansons plus que toutes autres qui ont créé le phénomène Trịnh Công Sơn, des chansons comme Đại bác ru đêm (Le chant des canons bercent la nuit), Người con gái Việt Nam da vàng (Fillette vietnamienne à la peau dorée), Ngụ ngôn của mùa đông (fable d'hiver) et Gia tài của mẹ (L'héritage de la mère). Ces chansons sont anti-guerre, en ce sens qu'elles expriment la tristesse de la mort et de la destruction causée par la guerre, mais elles sont aussi des chansons d'amour qui demandent aux auditeurs de chérir l'amour entre amants, entre mère et enfants et entre tous les peuples jaunes. Dans ces chansons, pour utiliser l'expression qui est devenue un cliché en Amérique, Sơn exhorte les gens à «faire l'amour, pas la guerre».
Mais ce n'était pas seulement les chansons, c'était aussi les concerts publiques qui ont déclenché le phénomène Trịnh Công Sơn. Un événement décisif a été un concert à la Faculté des Lettres de l'Université de Saigon en 1965. Organisé par certains amis de Sơn, et assisté par des artistes, des intellectuels, des lycéens et des étudiants, il a eu lieu dans un espace ouvert derrière l'Université. C'était la première représentation de Sơn devant un large public et il a dit qu'il considérait cela comme une "expérience pour voir s'il pouvait exister dans le cœur des gens". Il a obtenu sa réponse sous la forme d'acclamations enthousiastes, qu'il a décrite plus tard de cette façon :
- "Portant avec moi une vingtaine de chansons sur la terre natale (quê hương), le rêve de paix et des chansons qu'on appelle maintenant "anti-guerre", j'ai fait de mon mieux pour jouer le rôle de quelqu'un qui voulait transmettre ses sentiments intimes à son auditoire. Ce concert a eu un bel effet sur les artistes et le public. Une chanson a été rappelée huit fois, et à la fin, le public a spontanément commencé à chanter avec le chanteur. Après le concert, j'ai été "récompensé" en ayant le privilège de rester assis pendant une heure pour signer les feuilles de chanson qui ont été distribuées aux auditeurs."
Sơn a pris de courts congés non autorisés sur son travail d'enseignant à Bảo Lộc pour se produire à ce concert et à d'autres concerts à Saigon, forçant un enseignant vieillissant à assurer ses cours et à éprouver la tolérance de son directeur (Nguyễn Thanh Ty). À l'été 1967, la carrière d'enseignant de Sơn prit fin lorsque lui et certains de ses amis, également enseignants à Bảo Lộc, reçurent un avis d'incorporation. Sơn ne s'est jamais présenté pour faire son service et n'a jamais servi dans l'armée. Il s'installa à Saigon et commença à vivre une vie plutôt bohème. Pendant les deux ans qui ont suivi l'avis d'incorporation, Sơn a pu mener une vie normale et éviter le service militaire en jeûnant pendant un mois chaque année et en buvant un purgatif puissant appelé diamox, qui lui a fait perdre suffisamment de poids pour échouer à l'examen médical. Mais quand approcha la troisième année, il a craint que sa santé ne soit pas assez forte pour se rétablir et se purifier à nouveau, et il est donc devenu resquilleur. Pendant plusieurs années, il a vécu comme un sans-abri dans des logements préfabriqués abandonnés et délabrés derrière la Faculté des Lettres. Bien que manquant de commodités, ce site avait l'avantage de ne pas être contrôlé par la police. Il dormait sur un lit de camp dans le logement préfabriqué ou sur le sol de ciment d'un lieu de rencontre de jeunes artistes qui avaient surgi à proximité. Quant à l'hygiène personnelle, il se lavait le visage et se brossait les dents dans l'un des cafés voisins.
Quand ses chansons devinrent de plus en plus populaires et après l'offensive du Têt de 1968, de plus en plus anti-guerre, le gouvernement de Nguyễn Văn Thiệu publia un décret en interdisant leur circulation. Les chansons de Trịnh Công Sơn attiraient de plus en plus l'attention des journalistes vietnamiens et étrangers. "Soudain, c'était inévitable, écrit Sơn, je suis devenu célèbre ... J'ai fui de Saigon pour Huế et quelques jours plus tard, je vis des gens de différentes couleurs de peau, de différents pays, frapper à ma porte. [...] Je devais vivre des moments d'insouciance dans les journaux et les magazines et devant les caméras jusqu'à dix jours avant que la ville (Saigon) soit complètement libérée". Si les journalistes étrangers pouvaient trouver Sơn, pourquoi pas la police? Cela reste une question trouble et controversée. Certains disent qu'il était protégé par un officier de l'armée de l'air nommé Lưu Kim Cương, un ami proche de Sơn, qui aurait pu lui délivrer de faux papiers d'enrôlement (Nguyễn Thanh Ty). D'autres disent que Lưu Kim Cương n'était pas un personnage assez puissant pour aider Sơn et que son principal protecteur était Nguyễn Cao Kỳ, Premier ministre de 1965 à 1967 et vice-président jusqu'en 1971. Đặng Tiến, citant plusieurs sources, dit que Nguyễn Cao Kỳ se lia d'amitié Trịnh Công Sơn parce qu'il aimait l'artiste et aussi parce qu'il était désireux d'obtenir le soutien d'intellectuels progressistes et de rétablir les relations avec le mouvement bouddhiste de Huế, qu'il avait aidé à écraser en 1966. On ne peut pas comprendre le phénomène Trịnh Công Sơn sans comprendre le contexte social dans lequel il s'est produit : celui des villes du Sud. Lorsque Sơn est monté sur scène à l'Université de Saigon en 1965, il opérait dans une "rhetorical situation" particulière. Des jeunes gens étaient en train d'être incorporés et tués, des batteries d'artillerie explosaient dans la nuit, des roquettes de fabrication russe atterrissaient dans les rues de la ville et les troupes américaines étaient partout. Cette "rhetorical situation" créa une situation explosive, et les chansons de Sơn en fournirent l'étincelle. Văn Ngọc souligne ce lien entre les chansons de Sơn et l'exigence créée par la guerre : "Le phénomène Trịnh Công Sơn, ou plus exactement les chansons de Trịnh Công Sơn, ne peuvent s'expliquer qu'en termes de causes historiques et sociales : sans la réalité de la guerre et le ressentiment qu'elle entretenait, sans l'atmosphère de confusion qui enveloppait la jeunesse des villes, sans le partage des sentiments et des émotions entre le chanteur et le public, il n'y aurait jamais eu ces chansons".
Bien sûr, il faut savoir saisir le moment de cette "rethorical situation", et Sơn, déjà en mouvement dans ses chansons d'amour loin des clichés romantiques d'avant-guerre, était suffisamment sensible et talentueux pour savoir ce que cette "rhetorical situation" exigeait : un nouveau genre de chanson d'amour, une chanson pour la terre et le peuple souffrants du Vietnam. Une chanson comme Đại bác ru đêm (Le son du canon berce la nuit), contient ce refrain :
Des milliers de bombes pleuvent sur le village,
Des milliers de bombes pleuvent sur le terrain,
Et les maisons vietnamiennes brûlent dans le hameau;
Des milliers de camions avec des Claymores et des grenades,
Des milliers de camions entrent dans les villes,
Transportent les restes des mères, des sœurs, des frères.
Comme le révèlent les lignes ci-dessus, les chansons anti-guerre de Sơn différaient de ses chansons antérieures non seulement en termes de sujet mais aussi en technique. Bien qu'il ait attiré l'attention des gens avec des chansons d'amour illogiques, métaphysiques, parfois surréalistes, les paroles des chansons anti-guerre de Sơn sont logiques et très réalistes. Il mentionne des batailles réelles (Bataille de Pleime, Đồng Xoài) et des armes (Claymores, grenades). Comparé à ses chansons d'amour, qui ne racontent pas une histoire cohérente, les chansons anti-guerre de Sơn sont beaucoup plus narratives et certaines - Người con gái Việt Nam da vàng (Fillette vietnamienne à la peau dorée), par exemple - racontent une histoire avec un début et une fin clairs. Trần Hữu Thục suggère que lorsqu'on regarde l'œuvre totale de Sơn, ses chansons anti-guerre se distinguent comme étant atypiques, leur réalisme et leur logique claire les distinguant de ses chansons d'amour et de ses chansons sur la condition humaine. Ils sonnent, dit-il, comme des "rapports sur la guerre". Pourquoi Sơn a-t-il changé son approche pour écrire ces paroles ? Trần Hữu Thục dit que c'est parce qu'il voulait envoyer un "message clair" sur la guerre et la nécessité de la paix.
Si son message a été communiqué avec succès, et la popularité presque immédiate de ses chansons anti-guerre le suggère, c'est sans doute parce que dans ces chansons Sơn a donné la parole aux pensées cachées de beaucoup, devenant, dans le mouvement, le porte-parole d'une génération. Dans les nombreux hommages à Sơn écrits après sa mort, les auteurs le remercient d'avoir dit ce qu'ils ne pouvaient pas exprimer eux-mêmes. "Il est parti, dit Bùi Bảo Trúc dans un hommage typique, mais nous nous souviendrons toujours de lui, toujours endettés, reconnaissants envers lui de nous avoir dit ce qui est le plus difficile à dire". "Sa voix, dit Bửu Chỉ, était comme un fil invisible qui a rapidement unifié les humeurs et les destins intimes d'individus vivant dans les villes du Sud". Dans la représentation publique de ses chansons, Sơn a été grandement aidé par une chanteuse de talent nommé Khánh Ly, quelqu'un de si important pour le succès de Sơn qu'elle sera décrite dans une section séparée. Sơn rencontra Khánh Ly en 1964 lorsqu'il visita la ville du centre Vietnam de Đà Lạt. Dix-neuf ans à l'époque, elle chantait dans un Night Club de Đà Lạt. Bien que Khánh Ly ne soit pas encore bien connue, Sơn sentit immédiatement que "sa voix collait avec les chansons qu'il écrivait". Ils ont entamé un partenariat et bientôt Khánh Ly ne chantait plus que ses chansons et Sơn a commencé à écrire des chansons avec sa voix et son talent en tête. En 1967, Khánh Ly et Sơn ont commencé à apparaître ensemble dans les universités de Saigon et de Huế et dans d'autres villes, ainsi qu'à un endroit appelé «Quán Văn» ou «Club de la littérature», à Saigon. Se référant à leur «renommée phénoménale», Khánh Ly dit que «tout a commencé au Club de la littérature», un lieu qu'elle décrit de la façon suivante :
- "Le club de la littérature, dont le nom était facile à retenir et si sympathique, est né dans un terrain vague au cœur de Saigon... Le toit était fait de feuilles et de vieux morceaux de contreplaqué assemblés ; la cuisine était plus petite que celle d'ici (un appartement à Montréal) et servait uniquement à faire du café. Les gens devaient trouver un endroit pour s'asseoir sur le sol en ciment au milieu des briques cassées et des mauvaises herbes. Mais quand j'étais jeune cet endroit pour moi était le plus beau des lieux de rassemblement".
Sơn était à Huế pendant l'offensive du Têt et a vu les cadavres éparpillés dans les rues et les rivières, sur les marches des maisons vides et dans le célèbre "champ de mûriers" où de nombreux corps ont été retrouvés, apparemment tués par le Front de Libération Nationale et les comités d'assassinat Nord Vietnamiens. Deux de ses chansons, Hát trên những xác người (Chanter sur les cadavres) et Bài ca dành cho những xác người (Une chanson pour les cadavres), écrites à ce moment-là sont les plus obsédantes de toutes ses chansons anti-guerre, et les plus graphiques. Le compositeur qui avait commencé à écrire des chansons rêveuses de cils humides et des romances éphémères, Sơn, écrivait maintenant des cadavres et des gens rendus fous par la guerre. Dans ces chansons, Nhật Lệ dit, "c'était comme s'il jouait avec le diable et avec la mort, mais la vérité était qu'il était abasourdi par la douleur de son pays". La première chanson a un rythme gai et enjoué, mais quand vous vous concentrez sur les mots, vous réalisez que c'est sur les gens rendus fous par la guerre, comme cette mère qui martèle le cadavre de son enfant :
Le soir montant sur la colline,
Chantant sur les cadavres
- J'ai vu, j'ai vu par le jardin...
Une mère agrippant son enfant mort.
Une mère frappant le cadavre de son enfant,
Une mère encourageant la paix
Certaines personnes applaudissent pour l'harmonie, D'autres encourageaient la catastrophe.
Je suis venu à Huế après l'offensive du Têt et j'ai vécu avec une famille vietnamienne dans le quartier de la Citadelle. De l'autre côté de la rue, il y avait un petit magasin qui vendait des cassettes et les propriétaires passaient ces chansons tristes encore et encore, probablement pour attirer les acheteurs. En conséquence, elles sont gravés dans ma mémoire, en particulier ces lignes de Bài ca dành cho những xác người (Une chanson pour les cadavres) :
Quel cadavre est mon amour
Allongé dans cette tranchée,
Dans les champs en feu,
Parmi ces planches de pommes de terre?
Pour revenir au sommaire de Le phénomène Trịnh Công Sơn, cliquer ici